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Passions Livre d'or
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Mon histoire Je suis née le 28 janvier 1977 dans le Jura Bernois. C'est là que mon enfance et mon adolescence se sont passées. Nous sommes une fratrie de cinq enfants: quatre filles et un garçon. Je suis la deuxième fille. Mon père a abusé de moi sexuellement avec la complicité de ma mère, et m'a battue. Souvent, quand il avait fini, il me disait :" j'espère que tu sais pourquoi?". Comme j'étais une enfant, je me suis fait une raison en me disant que j'étais très méchante. J'ai très peu de souvenirs de ma petite enfance. Très tôt il y a eu des différences entre mes soeurs et moi. J'étais "la préférée" de ma mère. Pendant longtemps, j'ai cru que ce rôle me protégeait. Et bien non ! C'était juste pour pouvoir encore mieux me manipuler. Mes parents m'ont toujours considérée comme "leur fils", un garçon, en me nommant "IL". J'avais un surnom horrible que je déteste encore : "Bougnoule". C'était mes soeurs qui leur disaient que j'étais une fille. Pendant longtemps, j'ai eu ce rôle de graçon et je suis rentrée dans ce personnage mais, à l'adolescence, ce fut très difficile car on me disait "Monsieur ". Avec le temps, je ne supportais plus qu'on me prenne pour un homme. L'adolescence a été très difficile. A l'école, j'ai beaucoup souffert. Mon surnom était "la sorcière". Je n'avais pas de copains ni de copines, j'étais seule. Le cours de sport a toujours été un suplice. Les autres filles étaient différentes de moi. Je ne pouvais pas me doucher après le cours, mon corps me faisait honte. De plus, ma mère me disait que je devais me laver à la maison. Mais à la maison, c'était la croix et la bannière pour pouvoir prendre une douche. Tout était caché et il fallait que je demande à ma mère où se trouvaient les produits pour me laver. En plus, quand j'étais dans la salle de bain, je devais mettre du papier dans le trou de serrure car mon père venait me mater. Ma mère, j'ai l'impression que je ne la connais pas et pourtant je la connais si bien, ma génitrice, ma mère, ma maman...Quelle étrange personne ! Ce que je ressens pour elle ? Haine, colère, mépris, tristesse, douleur, une sorte d'amour qui me ronge de l'intérieur. J'ai eu un rapport particulier avec elle, j'étais "sa préférée". Quelle honneur "horreur" ! Elle s'est servie de moi pour ses complots. Elle me rendait complice de la haine qu'elle ressentait pour son mari, toujours à me dire ce que je devais aimer et qui était mauvais ou pas. Quand je voulais l'aider pour faire le ménage, elle voulait toujours faire par elle-même et quand c'était terminé, elle me disait : " tu aurais pu m'aider ! " Mon père, qui est cette personne ? Un monstre, un inconnu, un homme, un faible, mon père, mon papa. Je ne le connais pas sauf sous le jour de sa perversité, sa lâcheté face à ma mère, sa violence sexuelle tellement insupportable, les coups comme un défoulement de jouissance sur moi qui était sans défense. Son regard vicieux et sans respect sur moi. Son fanatisme pour les camps de concentration et Hitler, me fait encore froid dans le dos aujourd'hui. Il me disait : " si tu es méchante, je vais te mettre la tête dans l'étau et serrer, ou te mettre sous la voiture, tourner la clé de contact et fermer le garage ". L'automutilation, les plaies, le sang, la peau, me gratter, me couper... Ce que je ressens en faisant cela est comme quand on prend de la drogue. Je ressens du bien-être, je me sens en Vie. Je ne ressens pas la douleur dans l'instant, la souffrance s'éveille plus tard. Cela me donne le sentiment de pouvoir contrôler ma vie. Ce mal intérieur, caché au plus profond de moi, mal étrange... Comment l'expliquer ? Comment me sentir en Vie lorsque j'ai l'impression qu'une partie intérieure de moi est morte ? Me gratter élimine des sentiments intolérables pour un moment. Le suicide, échapper, survivre, me libérer... Un jour, à l'âge de 19 ans j'ai voulu mourir, disparaître, hurler au secours. Je voulais que l'on m'écoute une fois. J'ai choisi de mettre ma vie en jeu et de prendre le risque de mourir. Profondément, je sais que je ne voulais pas vraiment mourir, mais je n'en pouvais plus. J'ai porté ma souffrance et la souffrance des autres, un combat trop lourd et surtout perdu d'avance. L'homosexualité : jugée bizarre, pas normale, conséquence de l'abus sexuel... Je suis lesbienne et un petit pourcentage est la conséquence de l'abus sexuel. Je suis à part entière lesbienne, j'aime les femmes et les femmes m'aiment. La première fois que j'ai ressenti des sentiments ce fut pour une femme. J'ai vécu une histoire de deux ans avec elle, passionnelle, déchirante. Nous avons vécu cette histoire cachées comme des criminelles.
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